- Pourquoi cette recherche est-elle mise en place ?
La myosite à inclusions est une maladie inflammatoire auto-immune chronique du muscle qui a la particularité de résister aux traitements habituellement utilisés dans les autres maladies inflammatoires ou auto-immunes, comme les corticoïdes ou les immunosuppresseurs. En conséquence, la maladie est à risque d’entraîner des difficultés d’autonomie au fur et à mesure de son évolution progressive, rendant difficiles les tâches simples telles que manger, s’habiller, marcher et écrire. Elle peut également affecter la déglutition et la respiration.
Le JAKAVI est un médicament déjà commercialisé et utilisé pour traiter des maladies hématologiques chroniques du sujet âgé. Il est utilisé avec succès pour traiter une autre maladie inflammatoire, la dermatomyosite, quand les traitements classiques sont insuffisants. Le JAKAVI n’a jamais été utilisé dans la myosite à inclusions mais il pourrait constituer un traitement efficace de cette maladie.
- En quoi la recherche consiste-t-elle ?
La recherche consiste à évaluer l'efficacité du JAKAVI dans le traitement de la myosite à inclusions. Pour ce faire, la moitié des patients de l'essai recevra un placebo*, tandis que l'autre moitié recevra le médicament actif, le JAKAVI, à une dose de 15 mg par comprimé.
L’attribution de votre traitement sera réalisée de manière aléatoire par randomisation*. Ni vous ni le médecin qui vous prend en charge n’aurez connaissance de la nature du traitement qui vous sera dispensé durant l’étude (JAKAVI ou placebo). C’est pour cela qu’il est question d’essai en double insu* ou double aveugle*. Une fois l’essai terminé, les chercheurs pourront analyser les résultats et déterminer si le JAKAVI est efficace dans la myosite à inclusions.
Pour répondre à cette question, il est prévu d’inclure 60 personnes présentant une myosite à inclusions, dans des établissements de soins habilités au diagnostic et à la prise en charge des maladies neuromusculaire, c’est-à-dire ayant été labellisés par le Ministère de la Santé comme Centre de Référence ou Centre de Compétence pour les maladies neuromusculaires. Ces centres sont répartis sur l’ensemble du territoire français et sont répertoriés sur le site de la filière santé FILNEMUS (https://www.filnemus.fr/).
Cette recherche bénéficie d’un financement public issu du Programme Hospitalier de Recherche Clinique National (Ministère français de la Santé et la Prévention).
La durée prévisionnelle de la recherche est de 39 mois et 14 jours, et la durée maximale de votre participation sera de 15 mois et 14 jours. La durée de la recherche pourra être prolongée si le nombre de patients nécessaires à celle-ci n’a pas été atteint. Néanmoins, votre durée de participation restera inchangée.
- Quel est le traitement étudié ?
Le JAKAVI bloque les effets de l’interféron-gamma (IFNɣ), une substance anormalement présente dans les muscles des patients atteints de myosite à inclusions. Les travaux de recherche expérimentale menés par l’équipe du Pr AUTHIER ont montré que l’interféron-gamma exerce un effet toxique sur le tissu musculaire et que cela pourrait contribuer à l’atteinte musculaire observée au cours de la myosite à inclusions.
Le JAKAVI et son placebo se présentent sous forme de comprimés en blisters, à prendre par voie orale, à raison de deux prises par jour, à heures fixes, le matin et le soir. Si vous oubliez de prendre un comprimé à l’heure dite, ne le prenez pas au moment où vous vous apercevez de l’oubli. Attendez simplement l’heure de la prise suivante pour reprendre le traitement. La posologie peut être réduite, sur demande de votre médecin, en fonction des résultats des prises de sang. Dans ce cas vous ne prendrez le médicament qu’une seule fois par jour.
- Comment la recherche se déroule-t-elle ?
Vous bénéficierez d’un examen médical avant le démarrage de la recherche qui déterminera si vous pouvez ou non y participer. Si vous présentez les critères d’éligibilité requis, le médecin vous présentera l’étude oralement et par le biais de ce document au cours de la visite de sélection.
Après la signature de votre consentement lors de la visite d’inclusion, le déroulement de la recherche sera le suivant :
- Vous aurez trois consultations avec un dermatologue (avant le début du traitement, à 6 et à 12 mois) pour déterminer si vous avez une lésion cancéreuse de la peau qui contre-indiquerait le traitement.
- Vous pourrez avoir une consultation avec un cardiologue en cas d'antécédents récents de maladie cardiovasculaire ou thromboembolique.
- Vous pouvez avoir une consultation avec un oncologue avant le début du traitement si vous avez, ou avez eu, un tabagisme important ou si vous avez un antécédent récent de maladie néoplasique*.
- Lors de la visite d’inclusion, vous aurez des tests sérologiques pour les virus de l’hépatite B, de l’hépatite C, de l’immunodéficience humaine et de la varicelle-zona, ainsi qu’un test de tuberculose.
- Il est possible que vous ayez un bilan sanguin, une IRM musculaire et une spirométrie en plus du suivi normal si les derniers examens que vous avez réalisés dans le cadre du soin datent respectivement de plus de 3 mois, de plus de 6 mois et de plus de 12 mois le jour de votre inclusion dans l’étude.
- Si vous êtes une femme fertile non ménopausée, vous aurez des tests de grossesse à réaliser le jour de votre inclusion puis à 1, 3, 6, 9 et 12 mois de l’initiation de votre traitement.
- En complément du suivi médical habituel, vous aurez des téléconsultations (ou des entretiens par téléphone) le lendemain de la première prescription du traitement de l’étude, aux semaines 1, 2, 3, 6 et 10, et aux mois 2, 4, 5, 7, 8, 10 et 11 suivant la date de début du traitement. Vous aurez également un dernier entretien trois mois après la fin de l’étude, c’est-à-dire à M15. Ces entretiens sont indispensables pour évaluer votre état de santé, votre tolérance au traitement et vous donner les résultats des tests sanguins. Il est donc nécessaire de les honorer en vous assurant d’être disponible et de disposer des outils et connexions nécessaires à leur bonne réalisation.
- Vous aurez des visites de suivi à l’hôpital plus fréquentes que dans le cadre du suivi annuel de votre maladie. En effet, vous serez convoqué en consultation à 1, 3, 6 et 9 mois de l’initiation du traitement. La visite M12 correspond à votre consultation annuelle de suivi.
- Vous aurez des prises de sang supplémentaires afin de réaliser les tests biologiques permettant de vérifier la bonne tolérance de votre organisme au traitement. Ces prises de sang seront réalisées chaque semaine pendant le premier mois, puis à 6, 8 et 10 semaines et à 3, 4, 5, 6, 9 et 12 mois de l’initiation du traitement. Les prélèvements sanguins à 1, 2, 3, 6, 8 et 10 semaines puis 4 et 5 mois seront à effectuer dans le laboratoire de ville de votre choix.
En complément du suivi habituel de votre maladie, le protocole imposera quatre consultations en présentiel incluant chacune une prise de sang, treize téléconsultations dont huit seront accompagnées d’une prise de sang dans le laboratoire de ville de votre choix, soit un total de douze prises de sang supplémentaires ainsi que six tests de grossesse pour les femmes fertiles non ménopausées.
Participer à cette étude requiert votre adhésion et le respect du calendrier. Il est important que vous en discutiez avec l’investigateur (ou le médecin qui le représente) avant de décider de votre participation.
Si vous acceptez de participer, vous devrez respecter les points suivants :
Conserver sur vous en permanence la carte-patient qui vous a été remise, indiquant que vous participez à cette recherche. Cette carte inclut le nom et le numéro de téléphone de votre médecin.
Venir aux rendez-vous. En cas d’impossibilité, nous vous remercions de contacter votre médecin le plus rapidement possible.
Prendre le traitement comme indiqué par votre médecin.
Conserver votre traitement dans un endroit sûr pour votre seule utilisation et hors de portée des enfants.
Informer le médecin de la recherche de l’utilisation de tout médicament ainsi que de tout événement survenant pendant la recherche (hospitalisation, grossesse, etc.).
Rapporter les emballages de traitement (boites et blisters vides, entamés ou pleins) à chaque consultation.
Compléter quotidiennement votre carnet de suivi du traitement et le rapporter à chaque consultation.
Ne pas prendre part à un autre projet de recherche sans l’accord de votre médecin, ceci pour vous protéger de tout accident possible pouvant résulter par exemple d’incompatibilités entre les médicaments étudiés ou d’autres dangers potentiels.
Être affilié(e) à un régime de sécurité sociale ou être bénéficiaire d’un tel régime.
- Quelles sont les éventuelles alternatives médicales ?
Selon les directives médicales nationales en vigueur, il n’existe actuellement aucun traitement de référence établi pour la myosite à inclusions.
Toutefois, le traitement par rapamycine peut être proposé hors autorisation de mise sur le marché* dans un centre de référence, sous certaines conditions.
- Quels sont les bénéfices attendus et les risques liés à la recherche ?
En participant à cette recherche, vous bénéficierez d’un suivi médical étroit, ce qui vous assurera une surveillance attentive de votre état de santé. Votre participation permettra également de contribuer à l'avancement des connaissances médicales et à l'évaluation de l'efficacité potentielle du JAKAVI dans le traitement de la myosite à inclusion et son impact sur l’amélioration de la force musculaire des patients.
Risques ajoutés par les examens supplémentaires liés à la recherche :
Les examens supplémentaires qui sont réalisés dans l’essai sont les mêmes que ceux réalisés dans le diagnostic et le suivi normal de votre maladie. Les risques liés à ces examens sont les suivants :
Prises de sang et test de détection des infections tuberculeuses : hématome, douleur, malaise vagal, léger saignement.
Capacité vitale forcée, IRM musculaire, force musculaire : Aucun risque.
Test de marche de 6 minutes : Faible risque de chute et d’entorse de la cheville. Des collapsus*, fibrillation ventriculaire* et bloc auriculo-ventriculaire* ont été occasionnellement rapportés.
Les contre-indications absolues sont l'angor instable au cours du mois précédent et l'infarctus du myocarde au cours du mois précédent.
Les contre-indications relatives comprennent une fréquence cardiaque au repos supérieure à 120mmHG, une pression artérielle systolique supérieure à 180mmHg et une pression artérielle diastolique supérieure à 100mmHg.
Le test doit être immédiatement arrêté en cas de douleur thoracique, dyspnée* intolérable, crampes dans les jambes, chancellement, transpiration et aspect pâle ou cendré.
Test du verre d'eau : Une aspiration peut se produire et est détectée par la réponse des voies respiratoires (par exemple, toux/étouffement) avec ou sans changements de voix (par exemple, qualité de la voix humide/gargouillante).
Risques liés à la prise du JAKAVI :
Comme tous les médicaments, le JAKAVI peut provoquer des effets indésirables, mais ils ne surviennent pas systématiquement chez tout le monde. Le JAVAKI à un très bon profil de sécurité. La plupart de ses effets indésirables sont légers à modérés et disparaissent généralement après quelques jours à quelques semaines de traitement. La fréquence des effets indésirables est connue chez les patients présentant les maladies hématologiques chroniques pour lesquelles il est prescrit, maladies qui peuvent contribuer à la survenue de ces effets indésirables, ce qui pourrait en augmenter la fréquence. Parmi les effets indésirables notables du JAKAVI :
La diminution des cellules sanguines (globules rouges et taux d’hémoglobine, globules blancs ou leucocytes, plaquettes) est fréquente (plus d’une personne sur 10). Cet effet secondaire est dépisté par les prises de sang qui seront régulièrement réalisées au cours de votre suivi, notamment au début du traitement. Si la diminution des cellules ou du taux d’hémoglobine dépasse les limites prévues par le protocole, le traitement sera réduit de moitié ou interrompu, jusqu’à récupération. En cas de diminution des cellules sanguines, il est possible que vous remarquiez certains signes qui nécessitent votre attention et la sollicitation de votre médecin. Cela peut inclure des saignements inhabituels, comme des selles noires ou tachées de sang ou du sang dans les vomissements. Mais également une soudaine altération de votre niveau de conscience, des maux de tête persistants, un engourdissement, des picotements, une faiblesse ou une paralysie. De plus, vous pourriez constater des ecchymoses (bleus), une fatigue inhabituelle, un essoufflement lors de l'activité physique ou au repos ou une pâleur cutanée inhabituelle.
La survenue d’infections. Le JAKAVI diminue les défenses immunitaires et peut favoriser la survenue d’infections. Les infections les plus fréquemment rapportées sont l’herpès et l’infection par le virus influenza (grippe). Il existe un risque accru d’infections respiratoires bactériennes ou fongiques, dont la tuberculose (c’est la raison pour laquelle vous serez dépisté avant l’inclusion dans l’étude) et d’infections urinaires. Il vous sera donc demandé de signaler tout symptôme évocateur à votre médecin traitant ainsi qu’au médecin investigateur afin que les mesures nécessaires puissent être mises en place, comme par exemple un traitement antiviral ou antibiotique. Les manifestations cliniques qui peuvent traduire la survenue d’une infection sont les suivantes : éruption cutanée douloureuse avec apparition de vésicules (signes possibles de zona), fièvre, frissons, toux, respiration difficile, douloureuse, sifflante ou rapide, douleur dans la poitrine lors de la respiration, battements cardiaques rapides et confusion.
Effet sur le risque de cancer. La fréquence des cancers augmente avec l’âge et le risque de développer un cancer apparaît un peu augmenté par le JAKAVI, en particulier celui de cancer de la peau. Dans une étude récente incluant 350 patients traités par JAKAVI pendant 24 mois il n’a pas été observé de survenue de cancer directement imputable au traitement. Par sécurité, il a été décidé que vous serez examiné(e) par un dermatologue pendant l’essai. Vous devrez indiquer au médecin investigateur, aussi précisément que possible, votre consommation de tabac présente et passée, en termes de durée et de quantité. Il vous sera également demandé de signaler tout nouveau symptôme à votre médecin traitant ainsi qu’au médecin investigateur afin que les mesures nécessaires puissent être mises en place.
La survenue de problèmes cardiovasculaires et d’évènements thromboemboliques veineux. Il existe une augmentation modérée du risque de phlébite*, d’embolie pulmonaire* et d’insuffisance cardiaque* avec le JAKAVI. La surveillance clinique et électrocardiographique vise à dépister tout problème de ce type. Il vous sera demandé de signaler tout symptôme évocateur comme par exemple une douleur inflammatoire du mollet, une douleur de la poitrine ou un essoufflement inexpliqué ou survenant pour un effort mineur. Un diagnostic rapide permettra la mise en place d’un traitement adapté.
Certains effets secondaires peuvent nécessiter une hospitalisation pour la mise en place du traitement le plus efficace. C’est par exemple le cas des évènements thromboemboliques qui requièrent un traitement anticoagulant d’action rapide. Si vous présentez un évènement médical nouveau de quelque nature que ce soit, vous devez faire appel à votre médecin traitant ou à un service d’urgence et contacter sans délai le médecin investigateur qui vous suit pour l’essai clinique (dont le numéro de téléphone se trouve sur la carte-patient que vous devez avoir avec vous en permanence).
Les femmes enceintes ou souhaitant le devenir dans les mois à venir ne doivent pas prendre part à cet essai. Afin de pouvoir participer, les femmes fertiles en âge de procréer devront recourir à une contraception efficace pendant toute la durée de l’essai.
Toutefois, en cas de grossesse, il est essentiel d'informer au plus vite le médecin qui vous suit dans la recherche. Le traitement sera alors interrompu et votre grossesse sera suivie jusqu'à son terme. En tant que promoteur, nous avons l'obligation de signaler votre grossesse aux autorités et de suivre son évolution jusqu’à la naissance du bébé. Les données strictement nécessaires à ce suivi seront recueillies, notamment l’évolution et l'issue de la grossesse.
Les examens d’imagerie peuvent conduire à la découverte fortuite de la présence d’anomalie autres que celles liées à l’essai. Si de telles anomalies étaient présentes, le médecin investigateur vous informerait et se mettrait en rapport avec le médecin de votre choix afin de déterminer la conduite à tenir. Si vous ne souhaitez pas être informé(e) de la présence de telles anomalies, vous ne pouvez pas participer à cet essai.
