- Pourquoi cette recherche est-elle mise en place ?
Cette recherche porte sur la Thrombopénie Immunologique persistante (PTI), qui se caractérise par une baisse plus ou moins marquée du nombre de vos plaquettes (= thrombopénie).
Vous avez reçu des traitements pour votre maladie, mais la plupart des traitements sont « suspensifs », c’est çà dire que l’on s’attend à une rechute des plaquettes quelques jours après l’arrêt du traitement. Un des traitements de choix de cette maladie, est le traitement par anticorps anti-CD20 (Rituximab), qui permet d'obtenir 40 à 50% de réponse à 1 an selon les études. Néanmoins de nombreux patients rechutent à plus long terme, le taux de réponse à 5 ans, est ainsi de 20%. Des études expérimentales menées chez l'homme et chez la souris suggèrent fortement qu'associer le traitement anti-CD20 à un autre traitement, le Bélimumab (Benlysta®) pourrait considérablement améliorer les taux de réponse, jusqu’à 80% à un an. Le Bélimumab (Benlysta®) est un médicament utilisé dans une autre maladie auto-immune, le lupus érythémateux disséminé. Pour savoir de façon formelle si cette combinaison de traitement est éfficace une étude contre placebo est nécessaire. Il est prévu d’inclure 132 personnes présentant une Thrombopénie Immunologique persistante ou chronique dans des établissements de soins multicentrique, situés en France et à l’étranger.
- En quoi la recherche consiste-t-elle ?
Les patients atteints de PTI dont la numération plaquettaire est inférieure à 30 x 109/L au cours du mois précédent ou inférieure à 50 x 109/L avec des manifestations hémorragiques seront randomisés (tirés au sort) dans un groupe recevant soit :
- Groupe expérimental :
Belimumab 200 mg par voie sous-cutanée chaque semaine (c'est-à-dire tous les 7 jours ±1 jour) à partir du jour 0 jusqu'à la semaine 24 (6 mois).
- Groupe contrôle :
Placebo par voie sous-cutanée toutes les semaines (c'est-à-dire tous les 7 jours ± 1 jour à partir du jour 0) du jour 0 à la semaine 24 (6mois).
La première injection sous cutanée de belimumab ou de placebo sera réalisée en hôpital de jour, puis les autres seront réalisés à votre domicile.
Dans tous les cas vous recevrez deux perfusions de rituximab (anti-CD20) à la posologie de 1 gramme à 15 jours d’intervalle, à partir du 7éme jour d’inclusion (±1 jour) selon le schéma habituellement utilisé dans la thrombopénie immunologique.
- Quels sont les bénéfices et contraintes liés à votre participation ?
Le bénéfice attendu est la guérison complète de votre maladie, c’est-à-dire un chiffre normal de plaquettes ou une réponse thérapeutique (c’est-à-dire un chiffre de plaquettes > à 30 G/L sans manifestation hémorragique).
Les contraintes liées à cette étude sont !
- L’injection sous cutanée du belimumab ou du placebo une fois par semaine jusqu’à la semaine 24 (S24).
- Le prélèvement de 40 ml de sang supplémentaire (5 prélèvements de 7 ml et un tube de 5 ml) au cours d’un bilan sanguin réalisé pour le soin initialement à la randomisation et à S12, S24, S36, S52, S78 et S104.
Comme lors de toute prise de sang, vous pourrez ressentir une légère douleur lors de la ponction de la veine et un petit hématome peut parfois apparaître au point de ponction.
- Des consultations de suivi un peu plus rapprochées à J7, J21, S6, S12, S24, S36, S52, S78, S104.
- Quels sont les traitements autorisés et non autorisés ?
Certains vaccins vivants atténués sont contre indiqués (fièvre jaune, rougeole, rubéole, varicelle, tuberculose). Il ne faut donc pas les réaliser lors du protocole.
Le traitement par rituximab diminue les réponses vaccinales et c’est aussi le cas en association avec le Belimumab. Il est donc important que vos vaccinations soient à jour car une nouvelle vaccination pendant les 6 mois qui suivent la perfusion de rituximab risque d’être inefficace. Il est donc recommandé de mettre à jour les vaccins, en particulier les rappels vaccinaux, et notamment celui contre la COVID-19.
Votre médecin référent fera donc le point avec vous sur votre statut vaccinal et décidera avec vous, si des rappels sont nécessaires avant le traitement.
- Quels sont les risques et les contraintes prévisibles ajoutés par la recherche ?
La combinaison de ces deux traitements a déjà été étudiée chez 15 patients avec une thrombopénie immunologique. Il n’y a pas eu d’effet secondaire grave rapporté dans cette étude. Deux patients ont présenté une baisse modérée, et réversible du taux sanguin d’anticorps (gammaglobulines). La combinaison de ces deux traitements a été étudiée dans le lupus érythémateux systémique, une autre maladie auto-immune, et la tolérance de l’association du belimumab et du rituximab semble être comparable à celle du rituximab seul.
Ci-dessous, vous trouverez les informations relatives aux deux médicaments :
L’effet secondaire le plus habituel, survient juste après la perfusion du Bélimumab ou du Rituximab et se manifeste par des nausées, une éruption cutanée, du prurit (envie de se gratter), et de la fièvre. Si vous avez une maladie cardiaque, ces symptômes peuvent être plus sévères. Prévenez immédiatement l’infirmière ou le médecin de l’étude si vous ressentez ce type de symptômes.
Votre médecin de l’étude ou l’infirmière vous surveillera lors de l’administration du belimumab pour une durée de 3 heures après la première injection, de même pour les deux injections de rituximab.
Les effets secondaires qui doivent vous alarmer sont : une éruption cutanée, un gonflement de la langue de la lèvre ou de la glotte, des difficultés à respirer.
Des réactions d’hypersensibilités peuvent rarement survenir, et surviennent généralement entre 5 à 10 jours après l’injection du Bélimumab, et sont du même ordre que celles décrites précédemment, à savoir éruption cutanée, fièvre, nausées, fatigue, douleurs musculaires, œdèmes.
- Collection d’échantillons biologiques humains
Afin de mieux comprendre les mécanismes d’efficacité ou de résistance du traitement, une collection biologique sera réalisée dans le cadre de la recherche. C’est-à-dire que les échantillons de sang que vous donnez pour la recherche seront congelés et conservés pour réaliser des analyses biologiques. L’analyse sera consacrée à l’études des cellules du système immunitaire.
Des prélèvements sanguins (5 tubes de 7 ml et un tube de 5 ml (donc 40 ml) à visée de recherche seront donc réalisés à la randomisation, à S12, S24, S36, S52, S78 et S104 (soit 7 prélèvements), et seront réalisés lors des prélèvements nécessaires au suivi de votre maladie pour déterminer le chiffre de plaquettes. Ces prélèvements sanguins seront acheminés au laboratoire INSERM U955, à l’hôpital Henri-Mondor et seront congelés par l’équipe du Pr Mahévas et conservés pendant 10 ans.
L’analyse consacrée à l’études des cellules du système immunitaire sera réalisée à l’hôpital Henri-Mondor.
La collection d’échantillons biologiques constituée dans le cadre de cette recherche pourra être utilisée pour des recherches futures associées au PTI.
Afin d’être informé de toutes les études effectuées grâce à ce matériel biologiques, vous pouvez vous connecter à http://www.urc-mondor.fr/content/rituxplus2
En cas de découverte nécessitant de nouvelles analyses sur vos échantillons sanguin (changement de finalité), un nouveau consentement vous sera demandé.
Vous avez la possibilité à tout moment de demander au médecin qui vous suit dans le cadre de la recherche, la destruction de ces prélèvements biologiques ou de vous opposer à toute utilisation ultérieure.
- Quelles sont les éventuelles alternatives médicales ?
Un des traitements de choix de cette maladie, est le traitement par anticorps anti-CD20 (Rituximab), qui permet d'obtenir 40 à 50% de réponse à 1 an selon les études, 20% de réponse à 5 ans. La splénectomie est le seul traitement curateur de cette maladie avec le rituximab et permet d'obtenir entre 60 et 70% de réponse selon les études.
- Quelles sont les modalités de prise en charge médicale à la fin de votre participation ?
A la fin de la recherche ou en cas d’arrêt prématuré de la recherche vous continuerez à être suivi normalement par votre médecin de l’étude. Votre médecin de l’étude pourra décider à tout moment de l’arrêt de votre participation ; il vous en expliquera les raisons. Cela ne changera rien à votre prise en charge habituelle.
